Fiche d'information

Troubles musculo-squelettiques (TMS) : comprendre, repérer, consulter

Douleurs du cou, de l'épaule, du coude, du poignet ou du dos liées aux gestes et aux postures du quotidien, notamment au travail. Ce qu'en disent les sources officielles, les signes qui doivent amener à consulter un médecin, et le rôle possible de la kinésithérapie et de l'ostéopathie.

Rédigé par Florent Buffard, masseur-kinésithérapeute D.E. et ostéopathe, Paris 1er et 8e.
Mis à jour le 21 octobre 2026. Les chiffres et définitions proviennent des sources listées en bas de page.

Qu'appelle-t-on un TMS ?

L'INRS définit les TMS comme « des atteintes de l'appareil locomoteur dont la survenue peut être favorisée par l'activité professionnelle » [1] . Ils touchent les muscles, les tendons et les nerfs, surtout au niveau du cou, des épaules, des coudes et des poignets ; plus rarement le genou [1] . Le site public Santé.fr y inclut aussi le bas du dos et le tendon d'Achille [3] .

Les formes les plus connues [1] :

  • Épaule: tendinopathie de la coiffe des rotateurs ;
  • Coude: épicondylite (« tennis-elbow ») ;
  • Poignet: syndrome du canal carpien ;
  • Pouce: ténosynovite de De Quervain.

Quelques repères chiffrés

> 80 %

des maladies professionnelles reconnues sont des TMS [2] .

≈ 40 000

cas reconnus chaque année depuis 2012 (tableau 57, régime général) [2] .

11 M

de journées de travail perdues en 2021 [2] .

Le travail sur écran fait partie des situations à risque citées par l'INRS, au même titre que la logistique, le BTP, le nettoyage ou l'aide à domicile [2] .

Pourquoi apparaissent-ils ?

Il n'y a généralement pas une cause unique. L'INRS décrit une combinaison de facteurs [1] :

  • biomécaniques: efforts, postures contraignantes, gestes répétitifs ;
  • psychosociaux: intensité et complexité du travail, horaires, faible autonomie ;
  • environnementaux: vibrations, froid, bruit.

Comment ils évoluent : trois stades

Les premiers signes sont la douleur, la raideur, une maladresse ou une perte de force [3] . Santé.fr décrit trois stades [3] :

  1. Stade 1 La gêne apparaît pendant l'activité et disparaît au repos.
  2. Stade 2 Elle apparaît plus vite et met plus de temps à disparaître au repos.
  3. Stade 3 Elle devient chronique et persiste même au repos.

L'INRS souligne que les TMS peuvent devenir irréversibles : un diagnostic et une prise en charge précoces sont importants [1] .

Consultez d'abord votre médecin si…

  • la douleur persiste au repos ou la nuit, ou s'aggrave malgré quelques jours de ménagement ;
  • vous avez des fourmillements, un engourdissement ou une perte de force dans la main ou le bras ;
  • l'articulation est gonflée, rouge ou chaude, ou vous avez de la fièvre ;
  • la douleur fait suite à une chute ou à un choc.

Si vous pensez que la douleur est liée à votre travail, parlez-en aussi au médecin du travail: il peut proposer un aménagement de poste, et seule une démarche médicale permet une éventuelle reconnaissance en maladie professionnelle.

Cette liste est un repère de prudence, pas un outil de diagnostic. En cas d'urgence, appelez le 15.

Kinésithérapie ou ostéopathie ?

Kinésithérapie

Dans le cas général, le remboursement par l'Assurance Maladie suppose une prescription médicale. Depuis la loi du 19 mai 2023, un accès direct existe, mais seulement dans certains cadres d'exercice coordonné et dans une limite de séances [4] .

Au cabinet : bilan, exercices actifs adaptés à vos gestes et à votre poste, techniques manuelles si elles sont utiles, et conseils d'ergonomie.

Ostéopathie

Accessible sans prescription. Elle n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie ; certaines complémentaires santé la prennent en charge en partie.

Elle peut compléter une prise en charge, après avis médical si l'un des signes de l'encadré ci-dessus est présent.

Aucun soin ne peut garantir un résultat. L'objectif est de comprendre ce qui entretient la douleur, de vous rendre autonome avec des exercices, et d'adapter ce qui peut l'être dans votre quotidien.

Au bureau : ce qui est à votre portée

La prévention des TMS relève d'abord de l'employeur, qui doit évaluer les risques et privilégier les mesures collectives [3] . De votre côté, quelques conseils généraux (avis de praticien, à adapter à votre situation) :

  • régler l'écran à hauteur des yeux et à une longueur de bras ;
  • garder les coudes près du corps, avant-bras et poignets appuyés ;
  • alterner les tâches et se lever régulièrement, même brièvement ;
  • signaler tôt une gêne qui revient, plutôt que d'attendre le stade 3.

Prendre rendez-vous

Paris 1er, 13 rue Hérold
Lundi, mercredi, vendredi
Paris 8e, 61 rue La Boétie
Mardi, jeudi
Réserver sur Doctolib

Ou par téléphone : 09 78 27 09 63

Sources

  1. INRS, « TMS : ce qu'il faut retenir », mis à jour le 27/03/2025. inrs.fr
  2. INRS, « TMS : statistiques », mis à jour le 27/03/2025 (données Assurance Maladie – Risques professionnels, 2021). inrs.fr
  3. Santé.fr (source : ministère du Travail), « Troubles musculo-squelettiques ». sante.fr
  4. Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, affiche « Accès direct au kinésithérapeute ». ordremk.fr

Cette page informe et ne remplace pas une consultation médicale.